1990

 
L’est républicain du dimanche 12 Août 1990 (pages intérieurs).
« Que voulez vous faire avec ce truc la, il faut au moins préserver les alentours ». Consternation et stupeur sur le visage des habitants de la petite commune face à l’incendie qui s’est déclaré en début d’après-midi dans un hangar rempli de balles de paille, appartenant à M. Bernard Moinat. Les flammes, attisées par le vent, ont envahi les bâtiments mitoyens et détruit une maison inoccupée depuis 1 an.
 
Manque d’eau ; Vers 14h30 donc, les premiers pompiers – ceux de Beaucourt – arrivaient sur les lieux de l’énorme sinistre. Devant l’ampleur de l’incendie qui venait de prendre dans le hangar de paille situé au cœur du village, ils prévenaient aussitôt leurs collègues de Delle qui intervenaient sous la direction du Capitaine Fourain. Mais le feu s’attaquait déjà aux bâtiments voisins. Les pompiers de Belfort, puis ceux de Montreux Château, Giromagny et Valdoie étaient appelés en renfort. « L’eau manque, nous sommes obligés d’aller la puiser à 1 km dans le val » expliquait le capitaine Rebet, commandant le centre de secours principal de Belfort.
Tous les fourgons pompe tonne du département convergèrent sur Saint-Dizier l’Evêque, relayés par les citernes des agriculteurs de Lebetain et Saint-Dizier. A 16h30, il y avait encore des flammes qui s’échappaient de la maison inoccupée depuis le décès de son propriétaire, M. Ciresa.
Finalement, une soixantaine de pompiers maîtrisaient, vers 17 heures, l’incendie qui avait aussi attaqué deux granges et une autre habitation qui avait été évacuée à temps.
 
Solidarité ; tous les habitants accouraient au centre du village pour aider les soldats du feu. Les uns retiraient une moissonneuse-batteuse  appartenant au GAEC Dumont exploité par Bernard Moinat et M. CIresa. D’autres dégageaient une maison toute proche appartenant à Mme Pierrette Bandelier. Le curé du village, l’abbé Rosetti, qui a craint pour son église toute proche, le maire Bernard Talon, le conseiller général Pierre Perrin, le commandant du groupement de gendarmerie Jacquemin, les gendarmes de Beaucourt, tous étaient sur les lieux pour prêter main forte. Etaient sauvés des flammes, des chaises, une centaine d’oiseaux et de petits poissons appartenant à Jean-Louis Bandelier en vacances à Annecy (Haute-Savoie).
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25 bêtes brûlées : Malheureusement, les sauveteurs ne pouvaient rien pour les vingt-cinq taurillons qui périssaient brûlés dans leur enclos. Les pompiers isolaient une citerne de 3.000 litres de fuel qui menaçait de prendre feu. On arrosait une maison voisine par précaution. Tout a été ensuite centralisé à la mairie.
Court-circuit ou tuile en verre ? Les gendarmes de la brigade de Beaucourt ont commencé leur enquête dès hier soir pour tenter de connaître l’origine du sinistre. Selon Bernard Moinat, il pourrait s’agir d’un court-circuit : »c’est vrai que l’installation n’est pas récente » ou bien encore d’une fenêtre ou d’une tuile en verre qui, avec le soleil, aurait laisser filtrer un rayon « incandescent ».
L’enqu^te tentera de déterminer l’origine de cette véritable catastrophe dont l’estimation des dégâts s’annonce d’ores et déjà difficile. En moins de deux heures trois bâtiments, deux maisons d’habitation, du matériel agricole et vingt-cinq taurillons, estimés à 10 000 F chacun ont disparu. C’était la désolation hier à Saint-Dizier l’Evêque où « on a même entendu des lapins et des poules crier » …

L’est républicain du 13 Août 1990
Peut être le dernier grand feu du lieutenant Dormoy
Le 1er octobre prochain, le lieutenant Marcel Dormoy, commandant le corps des sapeurs-pompiers de Beaucourt partira en retraite. Il sera remplacé par le capitaine Mary, actuellement à la tête des pompiers de Valdoie. Samedi et hier, le lieutenant Dormoy à eu la lourde charge d’intervenir avec ses hommes dès le début de l’incendie de Saint-Dizier l’Evêque. En espérant que ce pénible sinistre soit le dernier de sa carrière déjà bien remplie.
 

L’est républicain du 13 Aout 1990
Incendie de Saint-Dizier l’Evêque : au moins quatre millions de francs de dégâts.
L’enquête de gendarmerie le démontrera ces jours-ci : l’incendie du GAEC « Du Mont », survenu samedi en début d’après midi est accidentel. Hier encore, pompiers et bénévoles ont participés au déblaiement. Dans la tristesse.
« Solidarité, chapeau ! » Yves Moinat, membre du GAEC « Du Mont » était accablé hier matin après avoir passé une nuit blanche devant son exploitation détruite. Triste mais aussi rassuré par tant de monde autour de lui et de sa famille en de telles circonstances. En effet depuis le début de l’incendie tous les habitants des villages du plateau sont venus prêter main forte aux sauveteurs et aux sinistrés.
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L’objet de toutes les curiosités
 
Hier matin, après une nuit ou pompiers de Belfort, Delle, Beaucourt se sont relayés pour éteindre les dernières flammes, deux grosses lances étaient encore en batterie. 800 tonnes de fourrages, 100 tonnes de graines, 400 tonnes de paille sont parties en fumée, tout comme trois hangars et deux maisons d’habitations. Un vrai spectacle de désolation au cœur d’un village habituellement si tranquille. Hier Saint-Dizier l’Evêque offrait l’image d’une localité « bombardée » avec ses bâtiments éventrés. Des centaines d’habitants du Territoire, du Doubs et même de Suisse sont venus en voiture, à vélo et même à pied, voir les pompiers et les volontaires dégager les gravats. Sur place, des élus, le sénateur Michel Dreyfus-Schmidt, le Maire de Beaucourt Jean Maillard, des responsables agricoles, André Thévenot ancien président de la FDSEA, Claude Monnier l’actuel président. Bref, le monde agricole s’était mobilisé. Sur place, l’expert des mutuelles agricoles (Groupama) a tenté de faire un premier bilan. Déjà, on estime à au moins quatre millions de francs le préjudice causé à MM Moinat et Ciresa, les deux propriétaires des 170ha du Gaec « Du Mont ».
Reconstruire ailleurs : « Nous avons tout perdu, nos taurillons, nos semences (blé,orge,maïs) plus un outil, du matériel amassé et rangé depuis des années, plus rien … », Yves Moinat est au bord des larmes. A coté, Mme Bandelier a perdu tous ses poissons et oiseaux. Un marronnier de la place de la mairie à dû être découpé, brûlé par une flammèche. On parlait aussi, avec courage, de la reconstruction de l’exploitation : « on ne devrait pas reconstruire sur place, nous allons probablement nous installer à l’extérieur du village, là ou le Gaec possède déjà un hangar où il y a des vahces laitières et les jeunes bêtes d’élevage »… Quant aux taurillons calcinés, ils ont été transportés dans un champs voisin où ils seront probablement –après avis de la DDASS- brûlés dans un trou àç la chaux vive. Le spectacle était bien triste hier à Saint-Dizier l’Evêque .

L’est républicain du Mardi 14 Aout 1990
 
Incendie de Saint-Dizier l’Evêque : l’origine encore inconnue
Si l’incendie de Saint-Dizier l’Evêque est accidentel, on n’en connaît pas aujourd’hui l’origine réelle.
Hier encore, les pompiers de Beaucourt tentaient d’éteindre le feu de Saint-Dizier l’Evêque. En effet, quelques flammes subsistaient aux alentours de la ferme du GAEC Dumont. Dans nos deux précédentes éditions nous avons relaté ce violent incendie qui s’est déclaré samedi vers 14h30. Trois corps de ferme, deux maisons d’habitation ont été détruites.
Hier, l’équarisseur est venu chercher les vingt-cinq cadavres calcinés des taurillons.
Les gendarmes de Beaucourt qui mènent l’enquête n’ont pu dans les gravats, déterminer pour l’instant, l’origine de l’incendie. Il semblerait toutefois qu’un court-circuit se soit produit. Si ce n’était pas le cas, une tuile en verre aurait pu servir de loupe sous l’action du soleil et aurait enflammé la paille.